Nicolas Sarkozy plaide pour une Europe des nations, politique

Par Julien Toyer et Gilbert ReilhacSTRASBOURG (Reuters) – Tirant le bilan de la présidence française de l’UE, Nicolas Sarkozy a plaidé mardi devant le Parlement européen pour une Europe des nations, capable d’exister politiquement.Le chef de l’Etat, qui présentait à Strasbourg les résultats du dernier Conseil européen et d’un semestre de présidence française de l’UE, a néanmoins insisté sur le rôle de la Commission européenne et du Parlement européen, alors que ce dernier doit encore se prononcer mercredi sur le paquet « énergie-climat ». »On ne construira pas l’Europe contre les Etats.

Aussi Européens que vous soyez, l’Europe n’est pas l’ennemi des nations », a-t-il déclaré à l’adresse des parlementaires européens. »Vouloir passer par dessus la tête de ceux qui sont élus dans leurs pays, ce n’est pas une erreur, c’est un intégrisme (…) Vouloir construire l’Europe contre les nations serait une erreur historique », a-t-il continué, indiquant qu’il avait essayé de « bouger » l’Europe en ce sens.Nicolas Sarkozy a insisté à plusieurs reprises sur cette dimension au cours de la présidence française de l’UE, marquant un retour sur le devant de la scène européenne de l’idée gaulliste d’Europe des nations, et en a fait un élément central de son héritage à la tête des Vingt-Sept, au même titre que le renforcement de la dimension politique de l’UE. »L’Europe est forte lorsqu’elle s’appuie sur des Etats forts et responsables (…) L’erreur est de croire qu’il faut des Etats faibles pour faire une Europe forte », a-t-il encore fait valoir lors du débat avec les députés européens. »Faire de la politique en Europe, redonner aux Européens des choix politiques c’est bien ce qui manquait (…) La politique doit être de retour en Europe », a souligné le chef de l’Etat. »VIAGRA POUR GOUVERNEMENTS »Pour ce faire, il estime que l’UE doit avoir des institutions stables et que les pouvoirs de la Commission et de son président doivent être renforcés. »Plus il y a de commissaires, plus le rôle d’harmonisateur, d’animateur du président de la Commission se pose (…) Il y a besoin de quelqu’un pour fixer une ligne, pour fixer la doctrine », a-t-il fait valoir, considérant qu’un exécutif communautaire élargi demandait plus de leadership. »La commission est d’autant plus forte que la présidence du conseil est forte (…) c’est à la présidence du conseil de prendre des initiatives politiques, la Commission a son rôle par ailleurs », a-t-il encore expliqué.Réagissant à ces déclarations, Daniel Cohn-Bendit, a accusé le président français de réduire le Parlement européen à un « viagra pour gouvernements » et la Commission à « un secrétariat pour le Conseil (de l’Union européenne) ».Nicolas Sarkozy a laissé entendre à plusieurs reprises au cours des derniers mois qu’il envisageait le rôle de président de la Commission plus comme un gardien des traités que comme le leader d’un embryon de gouvernement européen – une perspective que confirme le maintien d’un exécutif à 27 et du principe d’un commissaire par Etat, acté vendredi lors du Conseil européen.Enfin, la présidence française a marqué selon lui un retour aux commandes des grands pays de l’Union, qui « n’ont pas plus de poids mais plus de responsabilités ». »On a tous les mêmes droits mais certains ont plus de devoirs que d’autres », a-t-il déclaré, en référence notamment au couple franco-allemand, moteur historique de l’UE. »L’axe franco-allemand (…), ce n’est pas un choix, c’est un devoir absolu.

Nous devons marcher la main dans la main », a-t-il ajouté, estimant néanmoins que cette « amitié » n’était pas exclusive. »L’EUROPE A EXISTÉ »Enfin, revenant sur les réalisations de la présidence française de l’UE, il a estimé que « l’Europe a(vait) existé » et qu’elle avait pris ses responsabilités, que ce soit sur la crise russo-géorgienne ou sur la crise économique.Il a aussi souligné que sur ces différents sujets, tout comme sur le paquet « énergie-climat », les eurodéputés ont été « un élément décisif pour obtenir des résultats ». »La présence vigilante d’un Parlement déterminé à obtenir un accord sur le paquet ‘énergie-climat’ a été pour les chefs d’Etat et de gouvernement un puissant facteur de mobilisation », a-t-il insisté.Les Vingt-Sept se sont mis d’accord vendredi de manière unanime sur les mesures devant permettre à l’UE de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. »L’accord que nous avons scellé au Conseil européen, qui je l’espère sera voté par le Parlement européen demain, respecte les objectifs qui avaient été donnés (…) Vous en ferez ce que vous voulez », a-t-il lancé.Edité par Henri-Pierre André

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Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/topnews_reuters/20081216.REU1009/nicolas_sarkozy_plaide_pour_une_europe_des_nations_poli.html

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